Archives Montagne Noire : Cabrespine/Matte Arnaude

12 et 13 Juin : Bivouac plongée à Cabrespine : nouvelles découvertes et ammélioration du record de profondeur régional.

Nous sommes 16 participants à entrer dans le gouffre à partir de 10h : Sylvain, Jean Claude, Jean Michel, Félix et Laurent pour le SCA; Marie et Christophe en plus de Guillaume (plongeur) et Annick du SCM, Cédrine (secrétaire au SSF 11), Alain du Tarn, Nadir (plongeur) du Lot, Cyril du SCSR, Franck (plongeur) et deux ados de l'Ariège.


L'équipe, scindée en deux au début, se retrouve après les Fistulaires pour un premier repas vers 12h30 puis gagne la zone du bivouac. On réorganise les kits et filons ensuite vers le puits du marteau où se situe le premier objectif plongée. C'est Guillaume qui s'y colle avec tout son fan club dans les gradins. Il disparaît dans la superbe vasque pendant de longues minutes. La deuxième équipe plongée et porteurs en profite pour se décaler vers les objectifs suivants en zone terminale du réseau : l'avant dernier et le dernier siphon qui seront plongés par Franck. Voici leurs CR respectifs.
Pour l'équipe 1 : CR deGuillaume
Siphon du Puits du Marteau
Au fond de la vasque à -6m une galerie s'ouvre et descend jusqu'à -9m dans une petite salle dont le fond est colmaté par du gravier propre. La suite est sur la droite où une galerie de 1.5 x 1m remonte lentement en suivant toujours un axe principal 220 - 250°. Au bout de 75m depuis la vasque, le siphon sort dans une petite galerie exondée où il faut progresser à 4 pattes sur les 20 premiers mètres, puis la galerie se relève. L'actif y coule mais son débit est faible (environ 10 à 15l/s). Le conduit est doublé par un shunt 2 à 3m en hauteur avec 2 arrivées en rive droite mais impénétrables. 50m après la sortie du S1, on arrive sur la belle vasque du S2. Celui-ci plonge directement sur une pente de 30% jusqu'a -8m là, après un passage bas horizontal, la galerie semble remonter mais un talus de gravier roulé obstrue le passage. S2 (30m ;-9m).
Siphon des rapides II
Me restant un peu d'air dans les bouteilles, nous partons pour les rapides. Depuis le terminus de février dernier (40m ;-17m) les conditions de visibilité bien meilleures que la fois précédente permettent de bien visualiser les dimensions de la galerie 2x2 à 1,5 x 1m. Après 30m de replat à -20m la galerie amorce une descente plus raide. Je m'arrête à -27m, ça descend encore sur la même pente mais le nuage de touille m'ayant dépassé, je ne peux juger jusqu'où. Arrêt sur l'étiquette 162m soit 50m de plus. Le siphon mesure au total 90m
Pour l'équipe 2 :CR deFranck
Plongée de l'avant dernier siphon
On accède à un petit bout de rivière qui butte sur l'avant dernier siphon. Celui-ci est étroit et touilleux. Nous avons prix garde de ne pas troubler l'eau avant la plongée, et on en déduit qu'il pourrait être dans la continuité de la partie plongée par Guillaume. Nous avions prévu au départ d'emporter dans ce siphon un relais 4 l pour garder un 2x4 l plein pour une éventuelle 2e plongée. Vu les dimensions du siphon, on y renonce. Je pars donc en 2x4 l, dans une belle touille. Je tire 29 m de fil jusqu'à un point bas à -5,5 m, quasiment en ligne droite et dans l'axe de la galerie précédant le siphon (quasi plein sud), le long d'une faille ou d'une diaclase. Je retrouve enfin au fond un lit de gravier, et de l'eau claire dans la partie remontante. Malheureusement, 3 m plus loin, le passage est impénétrable, comblé par la pente de gravier qui ne laisse qu'un passage de moins de 20 cm. Je fais la topo au retour. Voir doc joint. Une fois sorti, on discute avec Nadir du programme. Il serait partant pour aller voir le siphon en amont de cette portion de rivière, mais l'intérêt est moindre. Mieux vaut retenter le franchissement du siphon terminal. J'ai encore 180 et 200 bars environ dans les bouteilles, et un relais non entamé. Comme j'ai tout le matériel sur le dos, on décide que je me chargerai de le plonger, et on se dirige tel que vers ce siphon

 

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-Plongée du siphon terminal
Arrivé à celui-ci, on constate qu'il est alimenté, ce qui semble inhabituel. L'eau est de plus troublée, et le débit comparable à celui du siphon précédent. Très probablement sont-ils en continuité. Epaulé par une forte équipe de soutien, je me met à l'eau, délaissant l'équipement en place et tirant mon propre fil. Le vieux fil est sectionné en plusieurs endroits, et vu la touille, j'emmêle mon dévidoir dans celui-ci. Après avoir jouer du sécateur, je poursuis et atteint le terminus : l'ancien fil est attaché à une pierre posé au milieu d'un laminoir, à une profondeur de -25m. Bénéficiant enfin d'un peu de visibilité, j'étudie le passage et en tente le franchissement. Le relais laboure allègrement le fond, mais ça passe. J'atteins un point bas à la profondeur de -28,3 m. Le conduit remonte et s'élargit notablement. Le siphon change alors d'aspect, il se poursuit dans une haute diaclase creusé dans des schistes. Le passage le plus aisé est vers le bas, à une profondeur estimée de 28 ou 30 m. La roche se désagrège au toucher, et il n'est guère possible d'y fixer un amarrage pour le fil. Je fais donc demi-tour à cet endroit, j'aurai tiré 71 m de fil, et accessoirement rajouté 3 mètres au record de profondeur de la région
Il est probable que le siphon intermédiaire plongé par Guillaume, le bout de rivière de l'avant dernier siphon et le siphon terminal forment le même écoulement. Il n'est donc pas opportun de poursuivre pour l'instant les explos ni du siphon intermédiaire, ni des siphons amont et aval de ce bout de rivière. En revanche, le franchissement de l'ancien terminus du siphon terminal nous ouvre de nouveaux horizons. Même s'il ne concerne qu'une petite partie (1/5e ?) du débit de la rivière principale, il a le grand avantage d'atteindre la couche de schistes au-delà de laquelle tous les espoirs d'atteindre de belles et grandes galeries sont permis. La suite est parfaitement pénétrable, mais on dénombre plusieurs difficultés. Tout d'abord, l'eau se trouble (encore qu'en accédant directement à ce siphon on puisse espérer avoir une eau claire au départ), et l'ancien fil forme un piège qu'il faut éliminer. Le passage du laminoir ne sera pas aisé avec de grosses bouteilles. De plus, la couche de schistes complique l'équipement du siphon, et enfin, la profondeur demeure importante. Pour la suite, je préconise une première plongée en 2x7 ou 2x6 litres en configuration latérale, plus un relais de 6 l , de nettoyer tout d'abord la première partie du siphon du vieux fil, et d'emporter quelques plombs pour la suite de l'équipement. Une bouée d'équilibrage semble indispensable. Pour la suite du métrage du fil, le fil en place a été coupé à 102,5 m (50 cm de fil entourés autour de qq lames de schistes forment le dernier amarrage, peu satisfaisant). Un siphon prometteur, mais qui ne se gagnera pas en une plongée !
Sur un plan plus général de ce we plongée, j'ai énormément apprécié l'organisation et l'ambiance de l'équipe. Un grand merci aux organisateurs et aux valeureux porteurs, sans qui ces plongées ne seraient pas possibles, on ne le répétera jamais assez. En tout cas, je suis prêt à contribuer à nouveau à la poursuite des explos, que ce soit entant que plongeur ou que porteur. C'est quand vous voulez !

Comme on le voit, deux siphons prometteurs ont été ciblés et on y voit plus clair dans l'organisation des écoulements: le siphon des rapides 2 capture la quasi totalité de la rivière vers le sud ouest en plongeant assez profondément, et le siphon terminal draine les affluents de Seriès et le trop plein de la rivière quand celle ci est en crue. Accessoirement, la profondeur globale du système passe à -504 m depuis l'entrée de Matte Arnaude, ce qui constitue un nouveau record régional.

Après les plongées, toute l'équipe se rejoint au bivouac et s'endort vers 23h. La nuit est ressentie très différemment suivant les participants mais dans l'ensemble, tout le monde récupère. Nous repartons le lendemain matin vers 8h30 pour arriver aux balcons d'entrée vers 11h30 où la presse nous accueille pour collecter nos informations (un article paraîtra dans l'Indépendant le lendemain, accessible sur leur site).
Un grand merci aussi à toute l'équipe de "soutien logistique" du SCA qui, au début de l'explo comme à la fin nous a permis d'acheminer nos kits surchargés à l'extérieur de l'echafaudage.
En conclusion, une excellente expérience collective, à renouveller pour la suite des explos !

Photos et croquis suivront prochainement


12 juin CABRESPINE réseau Capdeville
H Entrée : 10 H H Sortie : 17 H
SPELEOS SCA : Alain FAURE - Olivier COQUELET - Henri GUILHEM - Christian WALLON - Eliane SENTENAC - Jean-François - Daniel (de Foix)
Entrée vers 10 h au milieu de la foule de spéléo participant à la sortie "plongée". Visite et photo dans Capdeville avec deux nouveaux membres, permettant en outre de constater un excellent balisage de protection dans le réseau, mais on sent qu'il est tout de même fréquenté!!!

 

 

Samedi 08 mai 2010 Cabrespine : Succès de la journée "vidéo" Nous nous retrouvons une bonne trentaine sur la parking de la grotte aménagée : spéléos du SCA, de Lavaur, de Sorèze, nouveaux membres du SCA en initiation, invités non spéléo en sortie découverte... Les groupes se forment vers différents objectifs : Henri avec des invités et des nouveaux membres vers le réseau concrétionné. Jean Marie vers le réseau Capdeville, suivi par les Sorézois qui resteront dans la rivière Sylvain, Laurent, Jean-Claude et Claude vers l'Abreuvoir pour essayer de désamorcer la vasque siphonnante. Malgré les pluies récentes, la première vasque est toujours à sec. Dans la seconde, on entend nettement un bruit d'actif. Après plusieurs tentatives, Laurent réussit à amorcer le tuyau qui a été placé au fond. Au bout de quelques minutes, le débit de l'actif de l'abreuvoir baisse mais pas la vasque ! La connexion est prouvée mais nous ne passerons pas aujourd'hui. Sylvain et Laurent se rabattent sur une escalade qui s'avère avoir déjà été faite au mât probablement et sur une explo dans les inférieurs des Dômes où rien de significaif n'est découvert.
Dans l'autre équipe, même Pic descend l'échafaudage pour atteindre la rivière ! Vers 18 heures nous sommes tous remontés. Une bonne vingtaine de participants (SCA et invités) nous rejoignent pour un amical apéritif. Jean Pierre Lauret, gérant de la grotte, n'a pas pu être présent. Mais nous avons l'agréable surprise de retrouver Alphonse Bennes et André Capdeville. Excellente paella servi par notre traiteur Trassanellien accompagnée de crus d'origine diverses (du Minervois au Chili) fournis par Sylvain et Florence. Alain Faure nous rejoint en fin de repas et nous découvrons ses films sur Cibèle et le Réseau Capdeville (commenté par l'inventeur en personne) Jean Marie nous passe un diaporamasur l'expédition AKL 2009 en Chine que l'on peut résumer en deux mots : fascination et émotion ainsi que quelques diapos de diverses grimaces involontaires piquées au gré des séances photos dans les différents réseaux audois. La soirée, très réussie (plus de 50 participants), se termine vers minuit. Qq photos prises par Edouard : http://picasaweb.google.com/ecousin/SortieClassiqueACabrespine#

Samedi 06 Mars Mate Arnaude 3 : Jean Michel, Sylvain, Jean Pierre, Jean Claude, Jean Marie
Poursuite de la désobstruction de la fissure. Le matin nous évacuons les déblais du dernier tir, au fond et également sur la fissure descendante sud. L'après midi désobstruction au marteau piqueur du flanc nord et des derniers blocs en bout de chantier. Le courant d'air aspirant est toujours aussi fort (nous nous sommes tous enrhumés) ; bien que Jean Michel ait réussi à bien l'atténuer en laissant tomber dans la fissure la dernière lame qu'il essayait d'extraire. Et les perspectives toujours aussi lointaines. Pourquoi continuer à s'obstiner sur cette fissure de quelques centimètres que nous suivons déjà depuis 10 mètres ? Elle doit se poursuivre, sans s'élargir et déboucher quelque part à l'Ouest, du coté de Lastours peut être... Nous creusons pour les générations futures ? Non, en fait la vraie raison est ailleurs, du coté de Trassanel ou nous attend un délicieux repas préparé par Christiane ! Ceux qui n'ont pas goûté les toasts aux truffes, suivis du pâté truffé arrosé d'un bon cru local ou d'origine plus lointaine ; le tout agrémenté par l'analyse de l'actualité de notre ami Jean Claude ne peuvent comprendre cet attrait pour ce chantier sans certitudes...

Samedi 27 février : Cabrespine, réseau de Pertusac
Sylvain, Jean-Marie Philippe nous ouvre l'entrée touristique à 8h30. Nous nous changeons sur le balcon et descendons nos habits "civils" au bas de la 1° échelle. Jean-Marie cogne sa caisse de vêtements contre la rambarde et une chaussure en profite pour se jeter dans le vide. Ca commence bien, on va passer 2 heures à la chercher entre les blocs... Heureusement elle a le bon goût de s'arrêter sur le chemin avant le bond fatidique ! Nous sommes chargés comme des ânes et pour alléger les kits Sylvain a pensé a amener un tuyau d'arrosage pour désamorcer une galerie noyée prés de l'abouchement de Mate Arnaude. Il s'agit d'une belle conduite forcée aux parois parfaitement lisses dans un magnifique calcaire bleu 6 ou 7 mètres au-dessus du sol de la galerie principale. Le désamorçage marche dès le premier essai et le niveau baisse à vue d'oil. Nous décidons de ne pas attendre et de revoir cet objectif au retour. Nous atteignons le bivouac et après un bref repas, nous attaquons le réseau Pertusac vers 12h30. Les étroitures sont toujours aussi infâmes. Le premier objectif est la galerie comblée par un remplissage à l'arrivée sur l'actif. Le sable est vite creusé, mais derrière nous tombons immédiatement sur la paroi. Une cheminée pénétrable monte au-dessus de la petite salle. Jean Marie escalade plein d'espoir mais s'arrête sur un pincement non aéré au bout de quelques mètres. Une suite est possible mais nous laissons ce chantier pour les générations suivantes. Nous repartons dans la galerie principale. Surprise : le petit puits est arrosé... juste sur la corde. Sylvain remonte sous la douche. En amont il peut barrer le courant par un petit barrage ce qui permet à JMarie de monter bien au sec ! La dernière étroiture est infernale : Sylvain est obligé de sortir le "Mars" de sa poche pour pouvoir passer. Au-dessus nous escaladons le chaos de la galerie "appellation censurée". Nous l'avions parcouru avec l'enthousiasme de la 1° ; mais là à froid il apparaît dans toute son instabilité. Nous purgeons les blocs les plus menaçants ce qui a pour effet de déstabiliser ceux qui sont au-dessus... Nous renonçons à consolider et reprenons notre progression en comptant sur notre ange gardien... Nous passons la galerie des prismes; la salle concrétionnée et atteignons notre objectif principal. Sylvain escalade le pincement Nord de la dernière salle. Après 5 à 6 mètres il débouche sur un puits d'un mètre de diamètre. Il le descend sur 3 mètres, ouvre à la massette un passage entre les blocs du sol et s'arrête quelques mètres plus bas sur une étroiture peu engageante. La partie haute du puits 3 à 4 mètres au-dessus de notre arrivée est obstruée par quelques gros blocs. Nous agrandissons le passage à la massette et Sylvain arrive à les faire tomber. Malheureusement la cloche supérieure est très pincée et presque pas ventilée. Nous laissons le puits et Jean-Marie s'attaque au ruisseau dégagé par JMichel l'an dernier. Le courant d'air est quasiment inexistant. Entre 2 couches de calshistes, le ventre dans l'eau il dégage au burin les lames du sol et progresse de quelques mètres avant de s'arrêter sur un nouveau rétrécissement. Nous décidons de redescendre et de revenir sur cet actif en été quand il y aura moins d'eau et un courant d'air soufflant plus net. En repassant dans le chaos nous explorons un petit puits de 8 mètres sur la paroi Ouest. Il donne sur un méandre parallèle à la galerie supérieure que nous parcourons sur une vingtaine de mètres ; il s'arrête en aval sur un pincement et en amont sur une coulée. Il est peu ventilé. Le sol est parcouru par un petit actif. Nous reprenons le chemin du retour. Au sommet du petit puits arrosé Sylvain surplombe la cascade qui passe entre ses pieds et s'écrase en contrebas. Absorbé dans sa contemplation il s'aperçoit un peu tard qu'elle arrose généreusement son kit au passage . Un point est certain : nulle part dans notre réseau nous n'avons retrouvé le courant d'air présent dans la chatière initiale (même à section de conduit équivalente) : tout n'a pas été trouvé ; il reste certainement d'autres continuations ! Nous revenons au bivouac vers 22h40 et passons une excellente nuit. Heureusement que nous avions pensé à programmer le réveil qui nous sort du duvet à 9 heures. Nous nous arrêtons pour voir les résultats du siphonnage. Surprise : la galerie est quasiment vide. Nous réamorçons 5 minutes pour finir de vider deux flaquettes. Sylvain s'engage. Au bout de la conduite forcée (3 mètres) la galerie remonte à angle droit, parallèle au pendange. Ce passage est étroit, il pourrait être élargi par 1 tir. Il n'y a aucun courant d'air. Par contre, en dessous de cette galerie une lucarne permet de voir une galerie inférieure apparemment beaucoup plus spacieuse mais remplie d'eau. Un léger bruit signale un petit courant actif. Cet écoulement correspond certainement au petit actif de l'Abreuvoir qui débouche près de notre conduite forcée. Ceci confirme l'hypothèse suivante : le conduit ou passe l'Abreuvoir est calibré et en cas de crue l'eau sort par notre conduite forcée avec un gros débit si l'on en juge par la surface de paroi bien nettoyée. Ceci constitue la bonne surprise de notre explo et le siphonnage de notre galerie inf devrait être un objectif prioritaire pour la fin de l'été : un nouveau « Mate Arnaude » ? Nous arrivons au balcon assez entamés. Sylvain a juste le temps de déclencher l'alarme de la grotte avant que le gardien n'arrive.

 

Dimanche 14 et Lundi 15 Fevrier 2010, reconnaissance des siphons et premières plongées en zone terminale du réseau de Cabrespine
participants : Jean Claude, Jean Marie, Claire, Michel C., William, Sylvain, Guillaume (plongeur), Annick, Laurent

Nous entrons dans le gouffre vers 10h. Le but est de tenter de déterminer la ou les zones de capture de la rivière souterraine vers la partie sud de la bande calcaire. Nous emportons pour commencer les petites bouteilles de 4l.
Petit rappel : jusqu'ici, seul le siphon terminal de la galerie de l'opposition (hors rivière) a été plongé. Il s'agit à l'heure actuelle du point bas du réseau qui bute sur un comblement sableux noyé. L'observation géologique a montré dans cette zone la présence d'un petit synclinal de grès imperméables arrivant du plafond obligeant la rivière à plonger, nous espérons temporairement, pour rejoindre la partie sud du massif où se situe la résurgence. Le gros réseau fossile de Cabrespine bute lui aussi sur cet obstacle naturel. S'il est théoriquement difficile à franchir dans la zone terminale à cause de son épaisseur, il devrait l'être beaucoup moins un peu en amont où il s'amincit puis disparaît. Pour conforter cette théorie, c'est aussi dans cette zone (environ aux 3/4 de la cavité) que disparaît la pus grande partie de la rivière. Forts de ces constatations, nous avons donc imaginé avec Guillaume une campagne de plongées (inédites dans tout le secteur) afin de découvrir et d'explorer ces captures et de franchir la bande de grès vers d'hypothétiques horizons dénoyés et la suite du réseau qui, rappelons-le, est ausi probablement en relation avec la suite du réseau de Trassanel.

Revenons à notre explo. Nous atteignons le bivouac vers 14h et commençons la reco en aval des rapides. Un premier regard peu engageant sur le cours d'eau s'avère trop étroit après visualisation au masque. Un second est découvert un peu plus loin. Guillaume tente une première plongée. Après quelques mètres, il recule devant la force du courant qui l'entraîne vers une étroiture.
Un troisième puis un quatrième regard sont reconnus dans une zone très labyrinthique. Le plus en aval a "de la gueule". Guillaume plonge et disparaît un dizaine de minutes. Il ressort enthousiaste; arrêt sur rien dans un beau tube à 16m de profondeur avec tout le débit de la rivière. Il faudra revenir avec de l'autonomie...



L'heure n'est pas encore tardive, nous décidons de poursuivre les recos et la visite pour certains jusqu'à" l'Aztèque" sans le matos plongée.
Le groupe se scinde ensuite en deux. JC, Claire, William, Guillaume et Annick rentrent au bivouac pendant que Laurent, JM, Michel et Sylvain (re)explorent systématiquement toutes les galeries pouvant mener à un plan d'eau (en effet, il existe très peu de compte-rendus d'explos de l'époque et il est nécessaire de recréer une banque de données accessible et exploitable par les explorateurs présents et futurs). Non loin du siphon terminal, une petite partie de la rivière (1/4 environ) est retrouvée jusqu'à un siphon dans les calcaires dolomitiques du Cambrien. Il est étroit mais sans doute plongeable, et il y a le fil conducteur du cours d'eau. Un nouvel objectif pour la suite...Dans cette zone, des signes de crues très puissantes ont pu être relevés.
En revenant vers le bivouac, deux autres siphons (dont un magnifique et énorme) mais sans courant visible seront répertoriés pour les futures plongées. Il y a du pain sur la planche et toutes les bonnes volontés devront être embauchées pour porter les bouteilles.

Après un bon repas nous nous endormirons vers Minuit berçés par les ronflements d'un ours trassanelien (spécimen unique).
Le lendemain, départ vers 9h et arrivée aux balcons vers 13h acceuillis par un contraste thermique vivifiant.

http://picasaweb.google.fr/FALGAYRAC/PlongeeCabrespine20100214?authkey=Gv1sRgCOLe_L2wjbb2HQ&feat=email#


 

Lundi 14 septembre : Matte Arnaude 3 (Laurent, Jean Claude, Claude, Philippe)

gros boulot hier pour détruire et ressortir le menhir de plus de 2 m3 qui est tombé de la paroi la dernière fois. Après, enfin une progression d'1,5m sans désob puis de nouveau la même lame au milieu du passage. Gros zef au fond, dont une partie arrive d'une faille à gauche. Tir dans la suite avant de partir. La section de faille est nettement plus large qu'avant, sans pour autant encore devenir pénétrable.

Dimanche 2 Août : Traversée Matte Arnaude - Cabrespine
participants :
- du SCM : Michel x2, Christophe, Marie, Guillaume, Annick
- du GPS : Michel
- du SCA : Laurent, Christelle, Jean Claude, Jean Pierre, Nicolas


Notre ami Michel dans la fameuse galerie en trou de serrure

Sortie classique pour un petit groupe du club pour accompagner 6 membres du SCM et 1 du GPS dans cette traversée de 6h dont on ne se lasse pas. Au programme : bonne ambiance, rigolades, grosse bouffe à -350, discussions karsto et contemplations pour ceux qui ne connaissaient pas le réseau. Une bonne occasion de resserer des liens entre des personnes animées d'une même foi....


Discussions entre spéléos avant la sortie

Dimanche 5 Juillet : Matte arnaude 3 (Laurent, Jean Marie, Jean Claude, Jean Pierre, Guy, Claude, Claire)

Nouvelle séance de désobstruction au groupe électrogène dans le désormais célèbre laminoir soufflant. De la désob trois étoiles avec pause de midi au bord de la piscine de JC et repas gastronomique à la truffe d'été (on éxagère même pas...).Cela tranche nettement avec les sorties baston et engagées du moment dans le gouffre de la Pleine Lune, mais cette alternance est assez sympathique. Le travail avance tout de même avec un nouveau mètre cinquante de gagné en fin de journée. Le courant d'air est impressionnant et donne à tous, bien que la visibilité de la suite soit médiocre, un sentiment de proximité avec quelque chose de sérieux. On espère du neuf dans le courant du mois d'Août...

 

Samedi 06 Juin 2009 : Double désob à Mate Arnaude

Sylvain, Laurent, Jean Claude, Christiane, Claire, Claude, William, Jean Michel, Isabelle, Jean Pierre, Jean Marie
Vers 9h30 Jean Claude, Jean Marie et Claude commencent à forer le fond de Mate Arnaude 3. Tout est prêt quand Laurent arrive pour le 1° tir. Les gaz aspirés ne réapparraissent nulle part en surface ce qui nous rassure sur la possibilité d'un éventuel tube à vent. La fastidieuse évacuation des déblais débute. Pendant ce temps, William qui participe pour la 1° fois à une séance de désobstruction, descend avec Sylvain dans Mate Arnaude 1 pour évacuer les déblais du dernier tir de la précédente sortie. Ils n'entendront pas le bruit de l'explosion et ne sentiront pas les gaz. L'évacuation des blocs du tir précédent permet de dégager un net courant d'air malgré l'étroitesse du trou, de la taille d'un poing, et une température extérieure peu supérieure à celle régnant dans le trou. Surtout, le fort et très proche écho qui en revient incite à poursuivre la désobstruction de ce passage. Le sol, rempli de terre tassé peut être gratté assez facilement mais l'étroitesse du passage rend les conditions de travail très pénibles. Après le rituel repas chez Jean Claude et Christiane, les deux équipes repartent. Nouveau tir pour Mate Arnaude 3. La température est montée et les gaz ressortent rapidement. Le trou souffle un air frais stimulant tous nos espoirs.

Laurent profite du temps de dégazage pour titiller une couleuvre endormie qui ne demandait rien à personne. En fin de journée nous avons un aperçu prometteur sur la suite : la fissure centimétrique que nous suivons depuis 10 mètres s'élargit, une lame d'érosion apparaît, fine et taillée de cupules. Un tir sera nécessaire pour l'atteindre et en savoir plus. La journée se termine par un nouveau tir dans Matte Arnaude 1, pour élargir la voute, dans des conditions difficiles. Mention spéciale à Jean-Pierre qui devra ajouter un aller-retour express dans ce trou à rat pour suppler les carences de l'équipe du haut, qui avait tout simplement oublié d'allumer le groupe électrogène...

 

 

 

 

 

 

Samedi 20 et Dimanche 21 Décembre 2008

Nouveau réseau de Pertusac : Joyeux Noël...

Participants : Jean-Claude, Sylvain, Jean-Michel, Jean-Marie,Claire, Pierre, Laurent.


Nous entrons lourdement chargés dans Cabrespine vers 14h, direction le bivouac. 3H plus tard tout le monde est arrivé sans encombre et nous préparons les kits d'explo. Un bref repas et nous voilà partis vers le nouveau réseau. Sylvain, Pierre et Laurent partent en avant et élargissent certains passages du méandre. Ici, les fistuleuses s'inclinent dans le sens du « vent dominant » (soufflant). Il faut croire que le concrétionnement est plus intense en été qu'en hiver. Le dernier puits est rééquipé et nous attaquons le chantier terminal. Le passage est double mais celui de droite semble plus travaillable. Nous l'éliminons en effet assez rapidement et nous engageons dans la première. Jean Marie et Jean Michel nous rejoignent pile au bon moment, pendant que Claire et Jean Claude, fatigués par la longue et pénible progression de la première partie du réseau, décident de rejoindre le camp.

Plus haut, la suite est prometteuse : nous avons retrouvé la totalité du courant d'air puissant dans une jolie galerie qui doit être active en hautes eaux. Au sommet d'un ressaut, une trémie nous barre cependant la route. Ca sent l'infranchissable et nous bidouillons un bon quart d'heure dans les blocs, un peu dépités. Nos coups de gueule nous reviennent malgré tout déformés par un écho lointain. Sylvain, passant sa lampe dans les interstices en hauteur, voit soudain son faisceau disparaître dans les ténèbres, la suite existe... Nous engageons une nouvelle désob prudente au marteau, et un passage s'ouvre bientôt entre blocs et paroi. Nous débouchons tous les cinq dans une grosse galerie déclive. Le vide au dessus nous impressionne et explique la présence de la trémie, simple effondrement de la voûte cherchant son profil d'équilibre. Une escalade se présente donc mais nous trouvons facilement un moyen de la contourner. Nous voici à présent sur un col d'où nous découvrons l'ampleur du spectale : une galerie semi-circulaire de dix à quinze mètres de diamètre, vue sur plus de cinquante mètres, plafond concrétionné, s'offre à nous. Bref, la récompense...

Nous avançons de front, négociant parfois avec prudence certaines pentes ébouleuses non stabilisées. Nouveau col, la largeur passe à vingt mètres. Le paysage est superbe : concrétions fantasques, coulées blanches, gours avec dents de cochon, miroir de faille rectiligne. L'instant est vécu intensémént par tout le monde, même Jean Michel rarement enthousiaste est ravi. Au loin, nous entendons un actif tomber en cascade. Ambiance... Nous continuons la progression et ne tardons pas à le découvrir. Sa présence n'est pas un hasard : nous venons de tomber comme à Matte Arnaude sur le contact du socle schisteux du massif, avec ses avantages et ses inconvénients. L'eau (débit le plus important observé depuis l'entrée dans Pertusac) sort d'un empilement de dalles instables qu'il faudra purger. Le courant d'air aspirant sensible signe la suite mais il faudra revenir pour y travailler. En hauteur, Sylvain gagne plusieurs mètres aériens; là aussi une suite (probablement le supérieur de l'actif) mais purge nécessaire. L'altimètre indique que nous sommes à plus ou moins 200m au dessus du niveau de la rivière de Cabrespine. Nous avons notre compte pour aujourd'hui. Il y a du pain sur la planche aussi bien en explo qu'en topo, le nouveau réseau doit à présent dépasser 600m de développement (estimation basse).

Nous décidons de regagner le camp souterrain en prenant quelques photos sur le vif. Il est minuit quand nous y parvenons. Dodo vers 1h du matin, des images plein les yeux. Le lendemain, départ du camp à 8h et arrivée sans problème sur les balcons à 11h. Saluons au passage la performance de Jean Claude, du haut de ses 61 ans, qui participe toujours aux « pointes » très engagées comme celle-ci.

Au delà du récit, un peu de réflexion...

Nous avons donc levé l'énigme du puissant courant d'air de Pertusac en découvrant à nouveau un vaste affluent au système de Cabrespine. Une fois de plus, c'est un chenal de voûte discret non loin de la confluence de l'affluent avec le cours principal du réseau qui montrait la route à suivre. L'étroitesse et l'aspect fossile des premières dizaines de mètres du nouveau réseau peuvent s'expliquer par le fait que l'actif principal, charriant des centaines de mètres cube d'alluvions insolubles lors des crues anciennes, a totalement colmaté les galeries aval, de faible pente, qui devaient autrefois mener directement au collecteur (probablement en régime noyé à l'époque). Les mises en charge occasionnées ont ainsi provoqué la remise en activité du méandre satellite par lequel nous sommes arrivés (présence de gros galets de quartz presque aussi larges que le passage). Par la suite, une période de soutirage s'est mise en place (abaissement du niveau de base?), fossilisant définitivement notre méandre. L'actif, de débit moindre, a pu à nouveau s'infiltrer dans son passage d'origine, sans pour autant déboucher la galerie (phénomène observable dans la salle de soutirage où jonctionne le méandre fossile et la galerie amont active). Tout comme à Matte Arnaude, en arrivant du cours principal de Cabrespine, l'actif de Pertusac était indétectable et le courant d'air réfugié en voûte d'un primo-creusement trop élevé pour être comblé. Preuve que dans le cas de réseaux possédant une histoire complexe, l'observation et l'analyse valent parfois mieux que la gamatte et le perfo...

D'autres photos sur :
http://aol.pixum.fr/viewalbum/id/4070072

Samedi 22 novembre 2008 Pertusac
Sylvain, Pierre, Jean-Marie


photo 1


Nous nous retrouvons à l'entrée touristique à 14heurs pour revoir notre diverticule de Pertuzac. Nous démarrons vers 14h30 et arrivons au bivouac vers 17h. Une demie heure plus tard nous rampons dans la chatière bien ventilée cette fois. Petit rappel des explo précédentes : En juillet lors d'une visite"touristique". Laurent était surpris que le courant d'air perçu dans la chatière ne soit pas retrouvé dans le réseau. Nous avions exploré Pertusac, réalisé plusieurs escalades sans la moindre suite ni le moindre courant d'air notable. En repartant Laurent avait insisté pour jeter un oeil sur Pertusac 2. Une chose était sure : le courant d'air était bien présent. Nous étions pressés par le temps (heure de fermeture de la grotte touristique). En quelques minutes Laurent avait repéré en voûte quelques départs possibles. Le 28 Septembre Jean-Marie et Sylvain lors d'une sortie "commando" avaient atteint un premier conduit étroit avec arrêt sur rien. Le 01 Novembre avec une équipe renforcée l'étroiture terminale était passée mais pas par tous. Sylvain, Pierre et Agnès s'étaient arrêtés sur rien mais avaient fait demi-tour en raison de l'heure tardive et du risque de crue. Au départ de notre réseau en voûte de "Pertuzac 2" l'altimètre de Sylvain marque 300 mètres. Jean Marie réussit à passer en force l'étroiture qui l'avait arrêté 3 semaines avant. Le travail de Pascal qui avait alors creusé le sol a bien facilité la progression. Derrière, la conduite forcée n'est guère plus confortable. Le courant d'air remontant est presque aussi fort qu'au départ du bivouac. La distance parcourue est difficilement estimable, 20 à 30 mètres ? Nous débouchons perpendiculairement sur une faille rectiligne. Le bas de cette faille ou nous entendons rebondir les galets lors des purges n'a pas été exploré. Nous remontons en opposition et débouchons sur une salle autrefois occupée par un important remplissage. Au bas de cette salle un petit actif a drainé une partie de ce remplissage. la descente dans les blocs est extrêmement dangereuse (attention aux futurs visiteurs). L'aval se perd rapidement dans des blocs peu ventilés. L'amont est fort agréable, bien concrétionné (photo 1 et 2).


photo2

Sylvain et Jean Marie ont du mal à suivre Pierre surmotivé par sa première "première". Les parties supérieures n'ont été vues que brièvement : quelques faux planchers pourraient receler des surprises. Après quelques dizaines de mètres nous arrivons au bas d'un puits. Un remplissage a été emporté par une ancienne cascade laissant une étrange cloison (photo 3).


photo 3

L'actif débouche à la base de ce puit, impénétrable. Une désob est possible mais le courant d'air est absent. Sylvain se lance aussitôt en libre dans une de ses escalades acrobatiques dont il a le secret (photo 4).


photo 4

Huit mètres plus haut il sort du puits et atteint une petite galerie fossile. Il fixe la corde à son baudrier ; Pierre et Jean Marie remontent ainsi sur amarrage humain (photo 5).


photo 5

Peu après la galerie (photo 6) se termine sur une étroiture bouchée par la calcite.


photo 6

Une galerie latérale bien ventilée s'ouvre sur le flanc nord-est peu avant le terminus (photo 7).


photo 7

Un tir est nécessaire pour supprimer une coulée obstruant partiellement le passage. L'altimètre donne 360 mètres. Au retour Sylvain équipe correctement le P8 : Le vent est violent. Pierre et jean Marie qui attendent la mis en place des amarrages gèlent sur pied...Nous avons donc remonté un nouveau réseau sur plus de 60 mètres ; la distance parcourue doit être comprise entre 200 et 300 mètres. Vu le courant d'air ce réseau est "la suite " de Pertusac, passée inaperçue lors des précédentes explorations et repérée grâce à l'expérience de Laurent. Nous retournons au bivouac ou nous arrivons vers minuit. Après une excellente nuit nous ressortons à 14h.

Samedi 1er Novembre 2008 Cabrespine
Agnès, Pascal (Spéléo Club Airbus) Sylvain, Pierre, Jean Marie
Nous rentrons vers 18h par l'entrée touristique, lourdement chargés. En effet nous allons bivouaquer au camp de Pertuzac pour revoir le diverticule aperçu précédemment. Nous arrivons vers 21h au camp et après ravoir fait le plein d'eau aux rapides nous attaquons un bon plat de pâtes arrosé de quelques échantillons amenés par Sylvain. Nous remontons l'affluent de Pertzac non sans une certaine appréhension : les prévisions météo annoncent une pluie importante dans la nuit et même si nous savons que nous pouvons être en sécurité en amont nous n'avons pas envie de déclencher une alerte et de déranger nos collègues... Nous retrouvons notre diverticule à l'endroit ou nous nous étions arrêtés un mois plus tôt faute de temps. Il n'y a quasiment pas de courant d'air. Sylvain passe l'étroiture, Jean Marie qui le suit bloque et renonce après 3 tentatives déchirantes. Pierre et Agnès suivent ; Pascal aussi mais il fait demi-tour juste après voyant que la physionomie de la conduite ne s'améliore pas. Avec Jean Marie ils s'emploient à dégager des cailloux du sol de la chatière pour faciliter le retour de l'équipe de pointe. Sylvain Pierre et Agnès poursuivent et au bout de quelques mètres l'étroiture qui croise un filet d'eau. Sylvain craint que ce ne soit un signe d'une pluie abondante en surface et que leur propre galerie ne soit que le trop plein de cet écoulement. Ils préfèrent prudemment revenir sur leurs pas (ou plutôt leurs coudes). Au retour le siphon est toujours aussi sec. Retour vers 3 heures, et après une excellente nuit nous quittons le camp vers 9 heures pour ressortir du gouffre juste avant la fermeture de midi. Dehors il tombe un déluge (depuis le milieu de la nuit précise le gardien de la grotte). Il faudra certainement attendre l'été prochain pour revoir cette zone en toute sécurité.

Les photos sont disponibles à l'adresse suivante : http://www.monalbum.fr/Album=4W3VEJKE

Dimanche 28 septembre : Cabrespine
Sylvain, Jean Marie
Le but est d'explorer un départ possible entrevu dans l'affluent de Pertuzac lors de notre visite en Juillet. Le problème est que les horaires d'ouverture de la grotte touristique en cette saison (10h / 18h) ne permettent qu'une sortie de durée très réduite. Pour gagner du temps nous décidons de descendre par Mate Arnaude. Nous passons la trappe à 9 heures ; 1h30 après nous débouchons dans Cabrespine. Nous atteignons le bivouac vers 11h30 après avoir perdu du temps dans certains passages clef (Jean Marie n'est venu que 2 fois, Sylvain jamais). Nous nous donnons 2 heures pour l'explo. En fait le départ en question dans la branche Nord-Ouest donne sur un diverticule étroit. Nous rentrons rapidement et rencontrons une heure plus tard aux "Gobelets" Henri et Félix qui guident un groupe. Nous ressortons vers 17 heures. Nous pensons revenir dans l'Automne si le siphon de Pertuzac reste ouvert, mais en passant la nuit au bivouac pour ne plus faire une sortie sur un rythme de demi-fond...

Samedi 15 décembre 2007
participants : Serge, Jean-Claude, Pascal, Jocelyn, Sylvain, Laurent, Jean-Marie
Réseau des laminoirs : ce n'est pas fini!
Entrée à Matte-Arnaude vers 9h40. Le réseau principal n'a jamais été aussi sec ; nous avons même eu du mal à remplir les gobelets. Le siphon terminal doit être désamorcé et le froid extérieur accélère le courant d'air bien perceptible dans toute la cavité. Nous arrivons vers 11h30 au confluent avec le réseau des Laminoirs. Nous mangeons dans la première salle. Pascal et Jean-Claude qui ne sont pas en grande forme préfèrent rentrer comme ils l'avaient prévu. Nous poursuivons l'ascension. Heureusement le très faible niveau d'eau rend la progression moins pénible. Arrivés à la Salle Blanche nous nous séparons en 2 groupes. Jean-Marie assure Sylvain qui tente d'accéder au 3ème départ visible en plafond (les deux premières escalades n'ont rien donné : arrêt sur étroiture calcitée sans courant d'air). Pour cela il escalade une colonne sans être très sûr de la solidité des amarrages dans la calcite. Après avoir tombé les plaquettes. les goujons.l'étrier... les gants et enfin la clef, il parvient au sommet de la colonne, et redescend de quelque mètres dans une petite salle malheureusement bouchée. Au dessus de la colonne, au plafond le bas d'un méandre impénétrable est inaccessible faute de clef (que nous n'avons pas retrouvée). Sylvain laisse en place la corde ; lors de notre prochain passage nous devrons revoir ce bas de méandre. Serge, Laurent et Jocelyn s'engagent dans le réseau remontant pour terminer la topo.

Nous repartons donc de la salle blanche vers l'amont de l'affluent. Les premières dizaines de mètres confirment bien (si besoin était) que l'affluent des laminoirs porte bien son nom. Visée après visée, nous remontons lentement sur les plans inclinés de schiste avec un petit actif qui n'est jamais très loin. Le courant d'air est important et permet d'espérer pour la suite. Après deux bifurcations avec des départs à revoir, les galeries s'agrandissent, les volumes deviennent à taille humaine ! Trente visées plus tard, nous atteignons une zone de trémies terminales non ventilées, point le plus haut actuellement et côté à 518m. La direction générale est Nord est vers la branche de la grande cascade. Peut être une possible jonction avec un circuit de fou genre initiation aux méandres et étroitures sur 250m de dénivelée. En avant des salles terminales une bifurcation vers le Nord ouest se termine sur une galerie étroite à désobstruer, mais l'air passe par là ! Il faudra donc revenir pour continuer explos et topo de cette branche qui développe déjà plus de 600 mètres. Le trou souffleur terminal se présente sous la forme d'une étroiture dans la calcite sans visibilité (coude remontant de la galerie d'origine sans doute). Le courant d'air contraint de forcer le passage est du genre « turbine ». Topographiquement, il s'agit de l'extrêmité nord ouest du réseau. Nous sommes 120m sous la courbe de niveau de la perte principale du secteur, il reste 100m en plan pour passer dessous, toujours vers le nord ouest. Si nous parvenons à les franchir en évitant les trémies, on peut éspérer du gros arrivés à destination (la perte peut absorber 20l/sec), et pourquoi pas retrouver une cinquième branche descendante vers le sud ouest. L'avenir appartient peut être à ceux qui savent rêver...


dents de cochon

Nous nous retrouvons à la salle. Serge et Jocelyn s'engagent sur le chemin du retour. Nous les suivons après une séance photo dans la Salle Blanche, le P20 et les gours du réseau principal. Nous sortons vers 21h30. Une mince pellicule de neige recouvre les voitures. Le repas préparé par Christiane est le bienvenu et nous permet de récupérer en partie de la fatigue. Nous rentrons partagés entre la satisfaction d'avoir repéré la suite du réseau et l'appréhension quant aux difficultés attendues pour atteindre et désobstruer ce nouvel obstacle.

 

Dimanche 20 Juillet 2008 : Matte Arnaude III
Participants : Jean-Claude, Laurent, Claire, Jean-Marie


Séance de désobstruction. Nous sommes à une dizaine de mètres de tunnel horizontal. La fissure précédente de divise : une branche principale avec le plus grand courant d'air dans l'axe du trou, une autre plus étroite à 90° sud. Nous poursuivons dans l'axe en descendant mais la voûte est instable et nous sommes obligés de faire tomber des blocs imposants (photo ci dessous).

A ce rythme nous pourrons bientôt tenir debout. Prochaine séance prévue le 3 Août.

Dimanche 29 juin 2008 : Matte Arnaude III
Participants : Laurent, Jean-Marie, Jean-Claude, Pierre, Rick et de nombreux autres membres qui sont restés autour de la piscine ! Matte Arnaude s'intercontinentalise ! Après la visite de plusieurs spéléos européens, Rick (correspondant de Pierre) est le 1° américain à pénétrer dans Matte Arnaude. Le matin nous désobstruons l'entrée supposée du Mythique réseau des Châtaignes (photo ci dessous).



La désobstruction est facile ; nous arrivons à une fente de quelques centimètres très bien ventilée. Un tir est nécessaire pour aller plus loin. L'après midi nous visitons la partie supérieure de Matte Arnaude. L'objectif est de dynamiter un bloc tombé après les dernières pluies, toujours au même endroit un peu au dessus de la salle du Champagne. Dans cette partie de la cavité les blocs, parfois très volumineux (n'est ce pas Jean-Michel ?) sont posés sur de l'argile. L'eau ramollit cet argile et les blocs se changent en bobsleighs... Donc faire vraiment très attention dans cette zone !!! Après le dégagement Laurent descend jusqu'à l'actif qui coule abondamment ; les galets sont nettoyés. Les crues récentes ont du remplir le siphon terminal. L'initiation de Rick (photo ci dessous) se passe sans difficultés.

Nous ressortons vers 17 heures.

 

 

 

 

Jeudi 08 mai 2008 Matte Arnaude
Le jour du 3° anniversaire de la jonction de Matte Arnaude une véritable équipe inter-club se réunit pour explorer une suite possible au bout de l'affluent de la Grande Cascade : Olivier Brieu (St Marcel 26), Michel Coulon (GPS 11), Alain Calas (SSPCV 81), Sylvain, Laurent, Félix, Jean-Marie (SCA 11). Entrée à 10h. Nous arrivons au dessus du puits arrosé vers 12h30 et prenons notre repas.

Michel (qui doit rentrer tôt) et Félix nous quittent et reprennent le chemin du retour. Coup de chapeau au passage à Félix qui bat là son record personnel de dénivellation en surpassant son stress légendaire de sommet de puits. Arrivés à la partie terminale, nous nous séparons en 2 équipes. Sylvain et Jean-Marie partent vers l'extrémité nord-ouest : nous traversons une salle qui est en fait une bulle dans une gigantesque trémie, de stabilité douteuse. Avec des moyens improvisés nous arrivons à séparer 2 énormes blocs. Sylvain se faufile et se retrouve dans une galerie au profil typique de ce réseau : schiste glissant au sol, hauteur de 50 cm dans le meilleur des cas, sur plusieurs mètres de largeur. Le tout incliné à 45°... Plus nous descendons, plus le conduit devient gras. Après un bref élargissement le laminoir se termine en un trou étroit, tartiné de glaise. On entend les cailloux descendre sur plusieurs mètres. Sylvain s'y engage ; hésite à descendre mais nous n'avons pas de corde et la remontée risque d'être délicate. Après quelques secondes de réflexion il préfère remonter et non sans mal s'extrait du cloaque dans un grand bruit de succion...Ce laminoir descend dans la direction du réseau déjà connu et est peu ventilé. Sauf surprise après relevé Topo nous ne jugeons pas utile de poursuivre. Nous rejoignons l'autre équipe.
Pendant ce temps, Laurent, Olivier et Alain dynamitent l'aval du fossile et débouchent dans une petite salle. Malheureusement la suite repart en angle droit vers le sommet du grand méandre par lequel nous sommes arrivés; la jonction est faite à la voix.
L'équipe repart alors vers le dernier confluent rencontré et entame la reconnaissance de l'actif de droite, bien ventilé. Après un départ sympatique, un laminoir arrosé freine la progression, avant un nouvel élargissement et une nouvelle diffluence remontante. Nous sentons bien que nous arrivons là dans les extrêmes amonts de l'affluent. Olivier et Laurent s'engagent dans un dernier méandre d'une dizaine de mètres de hauteur mais très étroit et débouchent au sommet d'un puits estimé à 8m. L'actif coule au fond et la suite ne semble pas plus large. L'altimètre indique que nous sommes remontés de 180 m depuis le confluent avec le cours principal de Matte Arnaude (-340).Plusieurs séances topo seront nécessaires dans ce secteur très varié et complexe du réseau.
Les deux équipes fusionnent au retour dans la dernière salle avant de rejoindre la salle à manger vers 19h. Nous reprenons le long parcours du retour et arrivons à la surface vers 22h.
Voici quelqes photos prises "sur le vif" par Olivier au cours de cette sortie.


Sommet du P20 arrosé qui donne son nom au réseau


Chatière dans le méandre au dessus de la salle à manger


Galerie fossile à l'amont de la branche nord ouest de l'affluent


Amont du ruisseau nord-est surcreusé dans le schiste


L'actif nord-est parcourt longitudinalement le contact de base de la nappe calcaire Citou-Pestril, à 500m d'altitude.
A gauche sur la photo, le mur des schistes Ordoviciens; à droite, la base des calcaires Dévoniens

 

Les photos sont visibles et copiables sur :
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Merci de respecter le droit à l'image de chacun.

Jeudi 1er Mai 2008 Matte Arnaude
Jean Claude, Christiane, Malika, Alain M, Cathy, Félix, Henri, Jean-Pierre, Pascal, Claude, Laurent, Jocelyn, Lydia, Claire, Jean-Marie
La désob reprend sur Matte Arnaude 3! Pas moins de 15 membres se retrouvent près de la perte du ruisseau des chataîgnes.La désobstruction était interrompue depuis le creusement de l'entrée artificielle. Le but n'est pas de faire une nouvelle entrée mais de découvrir le mythique réseau des Châtaignes, inconnu jusqu'alors mais donc l'existence est fortement supposée. En effet des châtaignes et des branchages arrivent directement à -410 près du siphon de jonction avec Cabrespine... d'une conduite forcée impénétrable à l'extrémité ouest du réseau de Matte Arnaude... Pour le moment notre entrée n'est qu'une fissure de 5 cm de large qui souffle et aspire abondamment, à15m de la perte. Pendant qu'une équipe remontait des gamates l'autre visitait Matte Arnaude n°1 tout proche. Cavité malheureusement mal connue mais qui mériterait de figurer parmi les grandes classiques masochistes audoises. Nous sommes tous retrouvés à Trassanel autour des grillades préparées par Christiane et Lydia... avant de reprendre les travaux jusqu'en fin d'après midi. Cette journée n'est certainement que la première d'une longue série. Pour les prochaines dates : contact : Laurent, Jean-Claude Photo 53 : état de forme après la remontée de Matte Arnaude n°1 Photo 18 : entrée du réseau : largeur 5 cm
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Samedi 12 janvier 2008 : Matte Arnaude
participants : Laurent, Henri, Jean-Marie, Sylvain, Olivier

Nouvelle première dans l'affluent des laminoirs, la saga continue
Nous entrons dans Matte Arnaude vers 9h20 ; objectif : le trou souffleur découvert par Laurent à l'extrêmité de l'affluent des laminoirs. Nous atteignons le confluent de -385 vers 11h et décidons de franchir les laminoirs avant le repas. Nous arrivons à la base du P22 où nous nous restaurons vers 12h15. S'ensuit une rapide visite de la salle blanche pour Henri et Olivier qui ne connaissent pas.
Nous sommes au trou souffleur vers 14h. Le courant d'air est intense. Après un "tir minute" (perçage, bourrage, tir et déblayage en 15 minutes chrono), nous avons la bonne surprise de voir apparaître une nouvelle galerie derrière un pont de calcite. Quelques coups de massette et nous débouchons dans la première. Comme souvent dans les amonts, les dimensions sont fort honorables (3 à 7 mètres de large, autant de haut). Nous filons, plein nord, enthousiastes. La galerie est de surcroît fortement concrétionnée (superbes panneaux d'excentriques). Après avoir franchi deux petits chaos, la pente remontante s'accentue soudain. En haut du toboggan, plusieurs grosses dalles de calcaire posées en équilibre sur le schiste se mettent en branle après le passage d'Henri et nous causent quelques frayeurs. Une bonne purge du secteur par le haut sera nécessaire. Etant donné le côté rectiligne et pentu de la galerie, Olivier et Laurent restent en retrait pendant qu'Henri, Jean-Marie et Sylvain gagnent 30 mètres supplémentaires jusqu'à une étroiture ventilée qui nécessitera un tir. Derrière, c'est noir...
Nous estimons entre 100 et 120 mètres la première effectuée pour 50 à 60 mètres de dénivellation positive. Nous ressortons du réseau vers 21h30. A Trassanel nous attend une excellente soupe chaude (merci Christiane).
Le réseau de Matte Arnaude continue donc de grandir ; l'affluent des laminoirs est à présent un -300 à lui tout seul et flirte avec le kilomètre de développement. L'exploration dans ce secteur devient donc de plus en plus engagée puisque le fait d'accéder au terminus représente l'équivalent d'un -700 avec en prime les 200 mètres de laminoirs à 45° à franchir à chaque fois.
Plusieurs options se présentent pour la suite :
- soit trouver un shunt par l'affluent de la grande cascade pour éviter les laminoirs
- soit trouver un accès direct à cette zone du réseau directement par la surface.
A suivre...


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